Valpa-bo-bo
Valparaiso, Chili, 25 septembre 2010
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« Quoi ?! mais vous n’êtes pas encore allés à Valpo ? Pour le bicentenaire, ça va être trop top, ils ont même sorti des sucettes aux couleurs du pays ! Quoi ?! Vous n’en avez pas encore acheté ??? » nous dit (avec un accent très parisien) une étudiante française en échange universitaire à Santiago. Justement ce matin nous arrivons à « Valpo » après une longue nuit de bus. Il est 8h du matin et la ville se réveille doucement après une nuit de fête. Nous déambulons difficilement dans les pentes de la ville, suivis par une meute de bergers allemands. Et oui, les chiens de rue du monde entier semblent s’être donné rendez-vous à Valparaiso. Certains vous suivent avec un regard de biche implorant un morceau d’empenada, pendant que d’autres vous aboient frénétiquement dessus pour signaler que vous êtes sur leur territoire, prêts à mordiller les mollets des récalcitrants (nos chevilles en portent encore la marque!).
Valparaiso avec ses maisons multicolores superposées sur les nombreuses collines que compte la ville est surtout la capitale mondiale du graphisme et de l’art de rue. Pas une maison, pas une place, pas un mur n’y échappent, nous donnant ainsi l’impression d’assister à une exposition de Banksy à ciel ouvert. « Bo-bo » à souhait, nous croisons dans les rues des dessinateurs, graphistes ou autres artistes en herbe griffonnant sur le coin de leur Moleskine. Valparaiso est d’ailleurs la ville que le poète Pablo Neruda avait élu comme lieu de résidence. Assis sur son vieux fauteuil du salon de la « Sebastiana » (sa maison « valparaisienne ») avec vue imprenable sur le port et l’océan, le poète amateur de bonne chaire et collectionneur insatiable d’antiquités passait ses journées à recevoir des amis autour de bons repas entre ses heures d’écriture et ses siestes légendaires : la belle vie !
Finalement notre compatriote avait raison : « Valpo », c’est vraiment trop cool et on y serait bien restés plus longtemps…


