La cité de la joie
Calcutta, 6 mai 2010
Quelques tasses de thé plus tard et nous posons nos bagages à Calcutta, la Cité de la Joie. Deuxième mégalopole du pays avec plus de 15 millions d’habitants, Calcutta est considérée par beaucoup d’indiens comme la capitale culturelle et intellectuelle du pays.
Mais ici plus qu’ailleurs, les contrastes entre les plus riches et les plus pauvres sautent aux yeux. Businessmen et mendiants se confondent pour faire de Calcutta une ville fascinante aux multiples facettes, capable du meilleur comme du pire. En effet, pour nous occidentaux, Calcutta est malheureusement devenu le symbole de la misère en Inde, célèbre pour ses bidonvilles que Mère Teresa a mis sur le devant de la scène dans les années 70 avec les missionnaires de la charité. Nous avons d’ailleurs été frappé par le nombre de bénévoles, voyageurs au long court, étudiants, cadres en vacances ou retraités qui viennent donner un peu de leur temps dans les centres crées par Mère Teresa. Théophile, un jeune moine francais de 22 ans que nous avons rencontré dans notre « hotel de charme », vient de poser ses bagages et compte rester 5 mois dans l’hospice de Kalighat. Quant à Harry, étudiant canadien sur la route depuis plus de 10 mois, il ne consacrera que quelques jours de son temps à l’œuvre de Mère Teresa mais restera marqué pour longtemps par cette expérience.
Pour nous, Calcutta est la ville que nous avons identifié pour réaliser notre étude sur les besoins en matière de logements pour les plus démunis en Inde. Pour cela nous avons fait appel aux services de Gora, coordinateur de missions pour Hope Fundation, une ONG irlandaise et d’Abhijit, directeur de NCRC, une institution de microfinance chapotée par Isabelle Roche de l’ONG Entrepreneurs du Monde. C’est avec eux que nous découvrons le côté obscur de Calcutta, le Calcutta qui gagne moins de 2$ par jour !
Pendant quelques jours, entre le pas tranquille de Gora et le pas rapide et déterminé d’Abhijit, nous découvrons la réalité des familles de plusieurs quartiers pauvres de la ville. Tous nous reçoivent avec beaucoup de gentillesse pour répondre à nos questions. Malgré des conditions de vie déplorables, nous sommes frappés par la dignité et la gaité des gens issus de ces quartiers où règne une atmosphère joyeuse et une vraie solidarité. Une belle leçon pour nous !
Des quartiers de Tollygunge, Howrah, Shyambazar en passant par Natunbazar, les profils et les situations se ressemblent: « maison » de moins de 15m2 avec pièce unique sans eau courante ni toilettes qui abrite la famille élargie. Les emplois précaires des adultes (rickshaw, domestiques, vendeurs ambulants) leur permettent rarement de gagner plus de 350$ par mois pour la famille ce qui limite bien évidemment leur épargne. D’ailleurs, très souvent, l’épargne accumulée au prix de plusieurs années de travail acharné, est souvent dilapidée en frais d’hospitalisation ou de traitement pour un membre de la famille malade…Tous caresse l’espoir de pouvoir un jour, habiter une « vraie » maison et ne plus avoir le toit qui fuit pendant la mousson et rêvent que leurs enfants deviennent ingénieurs.
Nous tenons également à souligner le travail de terrain de NCRC et d’Entrepreneurs du Monde, qui n’ont pas perdu de vue le rôle social que doit jouer la micro finance comme cela semble être le cas pour beaucoup de pseudo institutions de micro finance en Inde qui, par leur laxisme et le manque d’accompagnement de leurs clients contribuent au surendettement des plus pauvres.




